Jérusalem : «Trump veut détourner l’attention» – Le Télégramme, 16/12/17

Le Telegramme

AS microQuelles peuvent être les conséquences de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël par les États-Unis ?
Cette reconnaissance peut se révéler contre-productive. Aujourd’hui, Jérusalem est de facto la capitale d’Israël. Le gouvernement israélien et la Knesset (le Parlement) y siègent. En officialisant Jérusalem comme capitale, Donald Trump tue l’idée même du double État.  Avec la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies, on faisait deux États: Jérusalem était, dans sa partie arabe, la capitale de la Palestine, et, dans sa partie occidentale, la capitale d’Israël.Trump n’a-t-il pas réalisé une opération de politique intérieure afin de satisfaire le noyau dur de son électorat ?
Pas seulement. Pour Trump, il s’agit de détourner l’attention de la justice qui enquête sur ses liens avec les Russes pendant sa campagne électorale.Le Liban peut-il fonctionner normalement avec un Premier ministre aussi fragilisé que Saad Hariri ?
Il s’est un peu renforcé grâce à Emmanuel Macron, dans la mesure où, s’il a été quelque temps retenu en résidence surveillée, le président français l’a sorti de cette situation. Il est rentré triomphant au Liban. Actuellement, c’est surtout le Hezbollah qui est fragilisé.

Qui peut protéger les chrétiens d’Orient ?
Normalement, c’est la France. Depuis le traité des capitulations entre François 1er et Soliman le Magnifique, toutes les minorités religieuses, et pas seulement les chrétiens, sont supposées être protégées. Elles le sont aujourd’hui par la Russie de Vladimir Poutine. Malheureusement, à cause de la guerre de Syrie, la Russie de Poutine a été plébiscitée, non seulement par les orthodoxes, dont elle est la protectrice naturelle, mais aussi par les autorités de toutes les autres minorités religieuses. La France, elle, ne réagissait pas. À partir de là, la nature ayant horreur du vide, Poutine s’est imposé sur la zone. © Le Télégramme

Politologue spécialisé sur le Proche et le Moyen-Orient, Antoine Sfeir dirige les Cahiers de l’Orient. Il passe en revue les dossiers chauds du moment dans cette région : Jérusalem, le Liban et les chrétiens d’Orient.

 

À propos MJ Sfeir
Communication, Edition, Web Les Cahiers de l'Orient

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