« L’attentat au Liban est un avertissement lancé par la Syrie » – BFM TV, 22 octobre 2012

BFMTVLa tension est vive à Beyrouth après l’attentat visant un chef du renseignement libanais proche de l’opposition. Antoine Sfeir décrypte la situation.

La voiture piégée qui a explosé vendredi
a fait trois morts et de très
nombreux blessés. (AFP PHOTO)

Au lendemain des funérailles de Wissam Al Hassan, haut responsable du renseignement libanais tué dans un attentat vendredi dernier à Beyrouth, la tension n’est pas encore retombée dans le pays. L’armée s’est déployée dans la capitale pour endiguer la révolte de la veille, qui avait conduit des manifestants à réclamer la démission du Premier ministre, Najib Mitaki.

Antoine Sfeir, journaliste et politologue franco-libanais, dirige les Cahiers de l’Orient, une revue sur le monde arabo-musulman qu’il connaît très bien. Il estime que l’élimination de Wissam Al Hassan est un avertissement lancé Lire la suite

Attentat de Beyrouth : à qui profite le crime ?

Le général Wissam Hassan en septembre 2010 (AFP/STR)

L’attentat meurtrier de vendredi en plein cœur de Beyrouth a plusieurs lectures :

Il est avant tout ciblé contre un « superflic » : le général sunnite Wissam Hassan avait à son tableau de chasse le démantèlement de nombreux réseaux israéliens dans la capitale libanaise, l’arrestation de l’ancien député et ministre Michel Samaha, proche du président syrien Bachar Assad, l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri et l’implication dans cette affaire de trois membres du Hezbollah – parti qui avait réclamé à plusieurs reprises le limogeage du chef des renseignements de la police libanaise. La victime,

La voiture piégée à Achrafieh à l’est de Beyrouth, le 19 octobre 2012. (REUTERS/© Stringer / Reuters)

se sachant lourdement menacée, avait déjà pris soin de mettre sa famille à l’abri à Paris.

Cette attaque ciblée est également le signe, s’il en était besoin, que la puissance de nuisance du régime syrien est intacte : Damas soupçonnait Lire la suite

Racisme ordinaire à Beyrouth

Des employés de maison étrangers auraient été la cible samedi 6 octobre 2012 de propos racistes à l’aéroport de Beyrouth.

L’aéroport de Beyrouth a été une fois de plus le théâtre, en cette fin de semaine, d’un épisode raciste. Nouvel épisode, parce que le feuilleton du racisme ordinaire est tristement quotidien au pays des Cèdres, qui s’enorgueillit pourtant de la coexistence en son sein de 17 confessions différentes. Le Liban, qualifié autrefois par le pape de « pays-message » en hommage à un vivre-ensemble réussi, n’inclut sans doute pas les Philippins et les Népalais dans les heureux élus admis à cette convivialité factice, puisqu’une employée de la compagnie aérienne nationale s’est permis, le 6 octobre, de viser ces derniers nominalement dans une injonction diffusée par haut-parleur : « Il est interdit aux Philippins et aux Népalais de parler ici ». Prise à parti par un citoyen choqué, comme de juste, d’un pareil comportement, l’hôtesse a affirmé, sans doute en guise de justification, que « la direction ne veut même pas ce genre de personne sur le vol » et que « ces gens-là sont différents », tandis qu’un employé menaçait le plaignant d’annuler son vol si ce dernier persistait à demander raison de ces agissements.

La Middle East Airlines, devant l’ampleur de la polémique, Lire la suite